Insomnie

le 15/06/2011 à 18h 01min 25s

L'embarras

Contraints, que ça ne tienne pas complètement, déséquilibre pendu à un fil, il faudrait juste pouvoir s’agiter. Qu’on remue, qu’on s’efforce de tenir contre. Même si l’impossible. Même si toute l’angoisse.

Au delà du « pourquoi après tout », le sens, comme si les questions coulaient, ou se contaminaient, les énormes barils pleins de toutes les courses oubliées qu’écrasent les dernières traces de courage. Des lignes, les rangées d’ouvrages brûlés, des escaliers qui ne conduisent à aucun étage : tu t’arrangeras bien pour s’engouffrer. Juste qu’il faudrait une raison, qu’il y ait au fond une justification, la réalisation précise du commis, que ça se produise simplement.

Sais-tu faire face au problème ? Capable de surmonter ce qui est devenu un mur immense, tout le laisser de côté, les recoins sombres et sales dans lesquels tu n’aimes pas beaucoup te perdre. Y jeter de longs éclairs ? Une clarté redoutable ? On ne sait plus vraiment ce qu’on peut encore croire. Face à de telles controverses, les longs discours s’épuisent mais ne remplissent plus rien. Il n’y plus que le grand vide. Et personne qui trouve les mots pour le combler.

Des maisons renversées, les tours à moitié dévorées par la mousse, les branches qui se dandinent pendant que les mauvaises herbes s’agrippent à la terre noire, les myriades d’insectes grouillant, armée invisible,…difficile d’imaginer ce même paysage sous le feu.

Tous sont conscients que l’ombre de la mort plane un peu partout. Que personne n’en sortira. Prêt pour l’étouffement.
Si bien que ça en devient comique, on voit déjà les premiers sourires poindre sur les visages, et l’éclat dans les yeux est très étrange : celui qui sait pas ne pourrait que difficilement comprendre.

Comment deviner toute le macabre de la préparation. Les serviettes laissées devant les fenêtres, l’homme qui fume sa cigarette sur le balcon, l’écrase et la jette du bout du pied.

C’est encore tellement vivant. C’est alors qu’on commence à entendre les sirènes. Ça s’infiltre et ça pénètre en nous, comme le sentiment que procure une couleur.
Mais très fort : ça nous assaille jusqu’à nous avaler et on se perd, se fond en ce qu’il y a de plus nous en nous. La résistance vaine, ça se passe systématiquement et partout. Tout s’efface, disparaît.

Sans un cri. Dans le grand calme plat. La nuit s’écroule. La ville disparaît. Le joli hameau près du lac chante sous la lune et les derniers baigneurs saluent les eaux sombres.

L’évanouissement, triste, réclame un dernier baiser à la profondeur de la nuit. S’éteint. Quelques oiseaux se manifestent. Et c’est tout.


L'embarras

le 15/06/2011 à 00h 56min 54s
L'embarras

Même si je grognais, que je ne voulais pas que la hargne me fasse cracher, je me suis rendu compte très vite que c’était impossible : ça coulait de partout et se déversait à grosses dents, des quantités terribles capables d’engloutir la mer ; tandis que je m’agitais en m’efforçant de tout vider, je constatai avec effroi que ça n’en finissait pas de ne pas se finir, j’en avais la mâchoire douloureuse, le tourment, ça craquait à cause du sable, salé, c’était dégueulasse avec des restes de cauchemars et la fièvre par dessus, qui salit encore plus, impossible de rester debout, je me trainais avec les pattes cassées .
C’est alors qu’il y a eu les gémissements et le moment où les yeux aussi se sont mis à gerber, c’était une espèce d’explosion de crachats de tous les orifices, tellement dégueulasse que je m’imaginais fondre, j’avais envie de me tapir au fond, pour qu’il ne reste rien.
J’ai tout de suite détesté son arrivée, l’ironie, les mines, trop de claquements, c’était encore plus grossier que le reste, la posture, le visage imberbe, non, tout se confondait dans un système mou, parfaitement endormi.
Les oreilles s’étaient mises à saigner, on aurait pu naviguer à travers toutes ces violences, hors de la raison, je ne sentais plus aucune camaraderie. Je voulais le tuer.
J’ai sursauté quand ça s’est arrêté, je me suis dit: « alors c’est comme ça ? sec ? les coups dans le dos, ça s’épuise au bout d’un moment et on n’y repense plus, le courage s’émeut et finit par couler dans les flaques d’eau. Encore des rêves qu’on caresse.
Quand il s’est enfui, ce fut un grave soulagement. Sa redoutable absence ne nous avait pas encore frappé. Le peu de lumière ne remplissait plus grand chose, c’était calme mais creux, on avait plus rien pour aller plus loin.

Le cadavre sur le dos

le 14/06/2011 à 01h 38min 12s
Un cadavre sur le dos

En deux mots, à la fin, la sinistre demande, l’oseras-tu ? C’est qu’on se lécherait les doigts pour éviter de se perdre. Qui voudrait le finir ? L’absurde. Et des reprises, avec aucune absence.
Je lâcherai les armes. Je ne me retournerai pas si tu me le demandes. Tu peux m’interpeler, me vendre ou me pourrir, mais je tiendrais.
Croire ? Tu lèves encore tes yeux et je sens quelque chose comme un frisson, tu voudrais le savoir, tu aimerais sentir, pourtant quand je caresse ta peau, c’est froid.
Ton regard vide, le souffle. Glacée. Tu as compris avant tout le monde la vapeur. Plutôt que de jouer, je suis d’accord pour te porter. Que tu m’aides à dépasser les reflets, la cisaille, chavire un peu de ma chaire et je t’en remercierais que malgré ton corps je tienne. Mais ma faiblesse m’englue et je suis une limace prise dans son propre sillon.
C’est bizarre, mais même quand je désespère, il y a quelque chose qui m’empêche de te trahir ou de t’abandonner, tu pèses considérablement, mais ça tient.
On s’en amusera un jour quand nous aurons les yeux crevés, mais je sens la douleur dans le dos, les rotules qui lâchent. Si je tombe, tu feras un détour pour ne pas me marcher dessus, dis, toi, tu ne me piétineras pas ?
J’en ai peur parfois, alors je m’enfonce dans des angoisses troubles. Je veux tenir un petit plus mais je tremble trop. La terreur. Redoutable. Me barbarise. J’en perds tout contrôle jusqu’à l’écume de ma bouche. Et ça fait les cauchemars, la nuit sans fond, et c’est toujours les visages qui fondent, la vision qui se trouble. La lumière insatisfaisante, jaunâtre qui n’éclaire plus, noire.
Tremble puis git mollement à même la terre. Je suis si pâle que je ne vois plus rien. J’ai toujours eu peur de l’ombre et c’est maintenant l’absence, blanche, de lumière qui m’enterre.
J’aimerai m’échapper, mais la porte du cercueil, désespérément, reste fermée.


La robe blanche

le 31/03/2011 à 11h 10min 30s
La robe blanche


Un hypertexte épuré pour revenir un peu aux bases de l'écriture numérique.

La robe blanche

A l'issue de l'expérience, je retiens deux points forts de l'écriture par lien:
-le travail sur les liens eux-mêmes: il est possible de produire des effets de style en ne faisant en travaillant les correspondances entre le lien et le texte vers lequel il renvoie, en se servant de ce lien comme d'un outil performatif... je ne l'ai pas encore beaucoup travaillé mais j'aimerai y revenir
-le travail sur la structure même du récit: forcément, le texte n'est plus linéaire, ce qui implique beaucoup, aussi bien du côté de la conception que du côté de la lecture (quelle type de lecture envisage-t-on de ces textes? comment la rendre plus confortable avec des effets..?)

Le bâteau

le 29/03/2011 à 13h 09min 22s
le bâteau

Cliquer sur le lien pour lire le texte: Le bâteau

Remarques:

Je fais depuis quelques temps des expérimentations avec jquery et PHP pour parvenir à trouver des effets d'animation de texte, plus le temps passe et plus je me dis qu'il serait bon de pouvoir partager les résultats de ces expériences en développant un ensemble d'outils pour l'écriture numérique: une sorte de librairie (au sens informatique du terme: c'est à dire un ensemble de fonctions et d'objets) spécialement adaptée pour la création textuelle sur le web.

Je voulais trouver un moyen de faire défiler du texte mot par mot, lors de l'affichage d'une page, voilà qui est fait même si c'est encore très sommaire.
Côté technique en ce qui concerne ce texte, le css est généré en PHP en fonction du nombre de mots qui est calculé grâce à la librairie Jquery "Lettering.js". Ensuite la fonction fading de Jquery est appelé par une boucle de type word+x.fadeIn(y) avec un délai plus ou moins grand (géré par une variable dans laquelle est inclus un random pour enlever un peu le côté mécanique).
Ce qui fait qu'il est possible au moment de la création du texte de gérer la vitesse de défilement des mots, la longueur du FadeIn et l'intensité du random pour éviter que les mots ne s'affichent trop régulièrement.
L'outil dont je me suis servi est opérationnel mais je ne sais pas encore comment ni quand je le publierai (notamment pour des problèmes de sécurités). Si toutefois vous êtes intéressé, n'hésitez pas à me contacter.

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